Nouvelles technologies : Zéro papier Zéro social.

Publié le par laur

 

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Zéro papier

Zéro social…et…. ?????

 

Si l’utilisation de la technique n’est pas neutre socialement, la technique par elle-même ne dit pas grand-chose. Le réseau de chemin de fer, par exemple : Sans lui, comment les premiers congés payés auraient-ils gagné le littoral et vu la mer pour la première fois de leur vie ? Mais un train si performant soit-il ne représente en rien un instrument libérateur pour les ouvriers si le front populaire n’avait pas gagné le droit à ces congés payés. Le même chemin de fer a été l’outil privilégié du transport des déportés vers les camps de la mort. Jamais un tel déplacement de population n’aurait été possible sans le réseau européen des voies ferrées. Les camps de concentration ont été bâtis en fonction de leur circuit. Mais est-il possible d’assimiler les chemins de fer au nazisme ? Tout nouvel outil dérivé d’Internet n’est ni la meilleure, ni la pire des choses c’est un enjeu.

 

Les NTIC (Nouvelles technologies de l’information et de la communication) ont été l’objet d’un discours idéologique apparu dès la chute du mur de Berlin (1989). La thèse de « la fin de l’histoire et des idéologies » fut alimentée par la doctrine des lendemains qui chantent. Les NTIC représentent le progrès de nouveau en marche, l’avenir radieux.

 

Le monde n’est plus qu’un village global, où tous peuvent rentrer en contact avec tous. Les distances sont abolies, l’interactivité est totale. Soudain apparaît un monde d’abondance où le prospect est "géolocalisé", où le savoir de l’information est à la portée de chacun. L’individu parvient au sommet du libre choix, dont il jouit par l’offre d’options infinies, gratuites, dans un réseau ouvert. Internet rutile de tous ses feux, car l’instrument est perçu comme l’outil de la revanche où toutes les difficultés seraient contournées.

 

Et quand est-il du contrôle central et pyramidal ? Nous n’y pensons pas tout ébloui que nous sommes par le mirage d’une route royale sans entrave ? (Vers la terre promise !!!!!)

 

Le discours (apparu à l’orée des années 80 dans la sphère libérale) qui nous est seriné est bien ordinaire : la rédemption de notre journal passerai par la filialisation, l’externalisation qui permettrait de restaurer la productivité et la baisse des coûts sociaux et spécialement des salaires.

 

Et maintenant le nouveau défi que doivent relever nos responsables se résument ainsi : Ils sont coincés entre des coût de productions qui augmentent en aval et un donneur d’ordre unique qui n’en tient pas compte en amont.

 

On l’aura compris, par delà les aléas de la vie politique et de la pérennité de notre outil de travail (qui est, excusez du peu, le journal de Jaurès), le projet actuel prétend se cacher dans les plis d’internet pour dépasser ses contradictions, les problèmes, que les décisions prises, il y a cinq ans, commencent à générer. C’est bien à cela qu’il faut répondre : dissocier l’outil de l’instrumentalisation qui en est faite, contre notre pouvoir d’achat en particulier et notre liberté, plus globalement.

 

Et si cet outil avait une vocation autre que celle qui ne nous est même pas annoncée ? Si ce n’est qu’il surfe sur la vague de la recherche, exprimée ou non, que nous avons tous de surmonter les difficultés nouvelles qu’au quotidien notre réseau rencontre.

 

Est-ce que les difficultés qui s’amoncellent ne sont pas le résultat d’un mode d’organisation, d’un mode management, d’un mode de pilotage de l’entreprise construit pour la seule satisfaction d’un objectif, certes plus qu’honorable. (Produire plus d’abonnements en baissant les coûts)

 

Mais pas un mot sur les réelles conditions sociales et de travail exprimées, portées, argumentées qui sont toujours minimisées quand elles ne sont pas dévoyées. C’est toujours la faute à l’individu -qui est renvoyé à lui-même- et on ne parle pas ou si peu des méthodes de management, des conditions de travail, des conditions sociales.

 

Mauvaise réponse à une vraie question !

 

Et d’abord, cet outil (cette organisation nouvelle) quel est son coût réel ? Quelle est sa finalité ? En quoi améliorera t’il la situation du journal, la situation des producteurs ? N’y avait-il pas d’autres pistes à exploiter, moins coûteuses, pour redonner la vie nécessaire à nos fichiers ?

 

Comme quoi, de vraies questions peuvent se poser : Aborder l’utilisation des technologies les plus modernes et/ou revenir à une attitude qui refuse le dialogue avec les syndicats.

 

Ce n’est ni un faux débat, ni une question subalterne. (Ou alors on nous le démontre et il est pris les engagements correspondants -Et plus simplement : Pourquoi une telle violence dans le refus d’en discuter collectivement?-)

 

On le voit, on est loin de la poésie des réseaux, de la magie de la connexion illimitée, des échanges libres sur le Net, du prospect à portée de main.

 

Mais le fond du débat annoncé, demandé, souhaitable aura-t-il lieu ?

 

A force de jouer aux apprentis sorciers…

 

PS :

 

D’autres thèses libérales classiques tendent à apparaître dans nos organisations. Le naturel reprend rapidement le dessus : « Les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain, qui sont les emplois -et les améliorations sociales attendues- d’après demain… » A chacun de continuer…où d’investir d’autres raisonnements plus progressistes et plus respectueux de nos valeurs.

 

Un autre discours bien ordinaire est apparu dans les années 1980 : la rédemption des entreprises passerai par la restauration de la productivité et la baisse des coûts sociaux de production, et spécialement des salaires.

 

28 ans après…………..

Valprionde le 25 mars 2008

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