1 173 036 €uros de recettes/755 572 €uros de charges
1 173 036 €uros de recettes
755 572 €uros de charges
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« …Quelle est la fiabilité des chiffres annoncés et celles des prévisions 2008 et 2009 ? Quel plan de sauvetage pour répondre à la crise immédiate ? Quelles sont les réductions d’effectifs envisagées ? Garantiront-elles l’existence de l’Humanité quotidienne, de l’Humanité Dimanche, du site Internet et le redressement économique de l’entreprise ? Les réponses sont vitales. Les syndiqués CGT exigent de participer à la définition du nouveau projet d’entreprise. Il n’y aura pas de projets d’entreprise viable sans réponses à quatre questions incontournables : Quel journal et quel contenu éditorial ? Quelles sont les cibles pour la diffusion de l’Humanité d’aujourd’hui ? Quels sont les moyens du développement de l’Humanité ? Quelles priorités d’investissement pour atteindre ces objectifs ? Actuellement, des incohérences contredisent les objectifs affichés à la rédaction comme la diffusion ou dans les services. Nous faire entendre pour contribuer à sauver l’Humanité est notre motivation… »
Ce n’est pas le vilain « petit » syndicat CGT qui voudrait la mort du journal (ou nous ne savons quoi d’autre…car nous sommes accusés de tous les maux, traités de tous les noms par beaucoup de ceux qui se prennent d’ailleurs pour de très grands progressistes, qui se revendiquent aux services de grands idéaux, de la transformation durable de la société…) qui dit, qui écrit, cela. C’est tout simplement la fin du communiqué des sections syndicales CGT employés, cadres et journalistes du journal l’Humanité en date du 30 juin 2008.
Voici d’autres morceaux choisis de ce communiqué :
« …L’Humanité est notre journal. Depuis toujours il est celui des luttes sociales et syndicales, celui du combat pour l’émancipation humaine. Plus que jamais il y a besoin de ce journal pour continuer de mener ces combats…»
« …La mobilisation nécessaire pour sauver l’Humanité implique la franchise, la confiance la clarté, la solidarité, le rassemblement des compétences avérées… »
« …Une clarification s’impose… »
« …Dans ces conditions : Que et qui croire ? Et à quel moment ? … »
« …Cela suscite inquiétude, questionnement, colère. C’est pourquoi la transparence, la confiance, le respect, la mobilisation sont de mise. Or nous constatons qu’il est difficile de s’y retrouver, de se fonder des certitudes avec les éléments chiffrés donnés aux élus par la direction financière de l’entreprise… »
Voici, aussi, d’autres morceaux choisis du communiqué des élus CGT au CE Employés-cadres-journalistes en date du 26 juin :
« …La direction va engager une restructuration … »
« …Pour mettre l’entreprise à l’équilibre, il est misé sur une augmentation de la diffusion. Des objectifs ont été fixés pour annuler le déficit annuel : Maintien des recettes publicitaires au niveau de 2006 qui fut une bonne année. Objectif de réalisation de 6700 abonnements pour 2008 ; 2000 abonnements de plus en 2009… »
« …Il n’y aurait, ni ‘plan social’, ‘ni licenciements’ nous a-t-on assuré … »
« …A ce jour, on ne connaît pas la répartition des suppressions de postes entre les quatre entreprises et leurs différents services, mais « toute la maison sera affectée » nous a-t-on déclaré … »
« …Ils ont demandé « à la direction de respecter dorénavant les prérogatives et droits des institutions représentatives du personnel … »
« …Les élus CGT ont réaffirmé leur détermination à ce que vivent l’Humanité quotidienne et l’Humanité Dimanche, journaux des luttes syndicales et sociales » Ils ont rappelé leur engagement en faveur de la défense des emplois, des conditions de travail, des salaires et des acquis sociaux … »
Et nous, dans cette histoire, nous sommes où ?
Nous partageons totalement, sans état d’âme, les écrits ci-dessus et il est inutile que nous le redisions, que nous le réécrivions, que nous les reformulions.
Nous faisons notre ces analyses, ces orientations.
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Et nous, dans cette histoire, nous sommes où ?
Nous nous posons souvent cette question, nous la posons souvent à nos interlocuteurs et nous n’avons pas de réponse. Qui le sait d’ailleurs ?
Des fois, nous faisons parti du très grand journal de Jaurès, nous en sommes la vitrine, les ambassadeurs.
D’autre fois, nous ne sommes que des coûts, ceux qui seraient, par exemple, responsables des déficits, ou ceux qui pourraient -qui devraient- donner des coups de collier, ou faire des sacrifices. D’autre fois, nous sommes aussi les têtes de turc, les viandards, ceux qui vivraient trop bien de leur travail, ceux qui mettraient le journal en difficulté…
D’autre fois, encore, nous ne sommes que des VRP dans une filiale que l’on tolère, dont régulièrement certains se demandent si elle est utile, dont certains ignorent l’existence.
Dans tous les cas nous n’aurions pas à donner notre avis sur la marche de notre journal l’Humanité et des choix faits ou à faire.
Et nous, dans cette histoire, nous sommes où ?
Sur le terrain, nous sommes partis de notre domicile du lundi au vendredi (et parfois le samedi et le dimanche), avec une amplitude horaire qui s’amplifie, les rois du « travailler plus » pour « gagner moins », avec notre ‘sous statut’ « japonais américain » mis en place lors de la précédente crise du journal qui fait entre autres que nous ne sommes pas payés les jours fériés, que nous n’avons pas la sixième semaine de congés, que nous n’avons pas le « treizième mois », que nous ne bénéficions pas de la prise en charge par l’entreprise des trois jours de carence et du maintien de salaire intégral lors des arrêts de travail, que nous n’avons bénéficié d’aucune mesure de maintien de pouvoir d’achat (moins 25 %), avec une prise en charge des frais engagés pour produire ridiculement basse : un repas par jour à 11 €uros, un remboursement de frais d’hôtel à 25 €uros, pas de remboursement de parking, que nous ne bénéficions pas de l’accès au comité d’entreprise…
Et combien de collaborateurs en difficultés financières ? Physiques ? Psychiques ? …Par exemple il faut savoir que la moyenne de salaire net des abonneuses (de moins en moins nombreuses) et des abonneurs continue de baisser pour l’année 2007. Elle est de 1611 €uros net imposable auquel il convient de retirer des « frais de vie » dus à la spécificité de notre fonction et qui sont de plus en plus importants. Ce n’est qu’une moyenne… nombre de productrices, de producteurs n’ont environ que 1000 €uros nets auxquels il convient toujours de retirer des « frais de vie ». Et ils assument nombre de responsabilités…
Voilà, une réalité qui mérite d’être connue…Une parmi tant d’autres…Les arrêts de maladie explosent…le ‘Turn over’ aussi…
Et nous, dans cette histoire, nous sommes où ?
Sur le terrain, essayant avec plus ou moins de réussite de placer « de vendre » un journal qui est cher, qui risque encore d’augmenter dans un contexte politique, social, économique de plus en plus dégradé et difficile…Donc un travail toujours plus contraignant, avec des résultats toujours plus aléatoires, car les niveaux de production sont de plus en plus difficile à atteindre
Notre syndicat (sur qui, nombreux sont ceux qui se plaisent à taper avec assiduité, à dénigrer, à diviser, à déstabiliser, à ignorer, à tromper, à stigmatiser…) tire le signal d’alerte depuis sa création, fait des propositions pour inverser ces tendances.
Pas contre les autres catégories de salariés de l’entreprise. Mais avec les autres composantes qui sont toutes nécessaires à la vie de notre journal.
Pour nous il n’y a qu’une entreprise. Elle s’appelle le journal l’Humanité. Depuis le début, nous agissons, nous proposons pour que son développement soit effectif, que son projet puisse évoluer, que la ligne éditoriale qu’elle essaie de faire vivre progresse.
Nous n’aurions jamais du descendre en dessous de 10 000 abonnements par an. Et c’est ceux qui, aujourd’hui, nous expliquent que c’est cet objectif là qu’il faut atteindre qui nous ont amené à produire moins de 5000 abonnements. Nous pourrions convenir ensemble que les mêmes recettes proposées et/ou mises en œuvre par les mêmes…risquent de produire les mêmes résultats.
Reconnaissons que la production annuelle et régulière de 10 000 abonnements annuel aurait pu changer la donnée des problèmes, contribuerait à donner une autre vision de l’avenir. Préventivement cela aurait pu être un élément qui aurait évité de se retrouver dans l’ornière dans laquelle le journal se trouve, a été mis par certaines décisions.
Bien modestement, très modestement, notre syndicat n’a que la prétention de donner des pistes d’interrogations, de réflexions, de propositions… que sur ce qu’il connaît, à savoir la « vente d’abonnements » dont chacun s’accorde à dire maintenant qu’elle pourrait être déterminante.
Il paraît, aussi, que jusqu’à ces derniers temps, le débat existait de la suppression de cette fonction, de ce corps des abonneurs. Il serait aujourd’hui tranché. Tant mieux pour le journal.
Cela dit, nous souffrons depuis toujours de l’absence d’une vraie politique commerciale ambitieuse, professionnelle, dynamique, bien intégrée dans le journal.
Et nous souffrons, aussi et tout autant, d’une pratique de gestion des ressources humaines déplorable en total décalage et déphasage avec les valeurs défendues et affichées par le journal et de ce qu’il serait nécessaire pour que chaque abonneur réussisse sur le terrain. Dans son intérêt et dans l’intérêt du journal l’Humanité.
La reconquête du journal et de 10 000 abonnements annuels, souhaitables, possibles et nécessaires, passera, d’après nous, par une démarche qui appelle à la démocratie, car elle nous invite à emprunter la seule voix de la parole, l’écoute, le respect, la vérité et exige la participation de tous aux décisions. A égalité de droit et de devoir. A statut équivalent et à conditions de travail égales et, en tenant compte, réellement, de toutes les spécificités, des compétences individuelles et collectives et des particularités professionnelles. Rattrapage du pouvoir d’achat et meilleures prises en compte des frais liées à notre activité sont deux autres questions à traiter d’urgence et au bon niveau. Dans le même mouvement.
Le but poursuivi « SAUVER L’HUMA » -même si en soit il n’est pas discutable, s’il est noble, s’il est justifié, si nous le partageons totalement…- ne saurait pas tout permettre et autoriser n’importe quoi. Les pratiques que nous subissons n’auraient jamais du exister. Cela ne peut plus durer sachant que pas un jour passe sans que cela s’aggrave.
Le ras le bol individuel se mue de plus en plus en mouvement collectif qui mobilise la quasi-totalité des collègues. Ça bouillonne. Trop c’est trop. La maltraitance fonctionnelle, la maltraitance professionnelle, la maltraitance sociale… : Cela suffit. Elle fait des dégâts. Il faut négocier. Vraiment avec la volonté de modifier tout, de fond en comble, dans le service développement de l’Humanité.
Nous ne porterons pas de jugement, d’appréciation sur les autres domaines qui concourent tous avec autant d’importance, à la survie et au redéploiement du journal. Nous avons tout simplement la prétention d’avoir des connaissances sur les politiques de « recherche d’abonnements », de fidélisation, de renforcement et d’élargissement de notre lectorat.
Nous demandons tout simplement, avec humilité mais aussi avec solennité, que tout ce que nous formulons depuis toujours soit pris en considération. La direction doit ouvrir, d’urgence, de vraies et sincères discussions, de vraies et réelles négociations.
La Direction se doit de faire cesser d’urgence tout ce qui ne va pas, tout ce qui obère les possibilités de développement et sacrifie l’intégrité, la santé et le moral des producteurs.
C’est bien d’un nouvel âge de la démocratie qui doit être à l’ordre du jour afin que les droits de l’homme s’appliquent enfin au travail.
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Ce 4 juillet, aucune des deux réunions prévues (la réunion de DP qui devait être suivie de la réunion « négociations salariales ») ne se sont tenues.
Par contre, la réunion d’information que nous avons eue (C’est une première avec le directeur financier), le peu d’explications financières qui nous ont été données ne s’inscrivent pas du tout dans cette démarche de nouvel âge de démocratie et de respect affiché et souhaitable. Peu d’éléments nouveaux nous ont été donnés. Nous ne connaissons toujours pas comment le journal rémunère sa filiale, cette filiale. Depuis sa création.
Par contre, pour la première fois, un tableau analytique nous a été fourni. Ce type d’outil, dit moderne, doit toujours être utilisé avec beaucoup de précautions et se veut souvent au service de démonstration prédéterminée. (Comme toutes statistiques, cela dépend de ce que l’on met dans la machine et/ ou des paramètres retenus, et/ou des buts poursuivis…)
Cela dit le tableau remis laisse apparaître, sans aucune ambiguïté, que la fonction de production d’abonnements dégage une marge bénéficiaire, d’où le titre du présent écrit : 1 173 036 €uros de recettes, 755 572 €uros de charges.
A chacune, à chacun d’en tirer des enseignements…
Ce tableau laisse aussi apparaître que tous les abonneurs présents au 31 décembre 2007 dégageaient une marge bénéficiaire, même ceux, à l’encontre de qui une procédure de licenciement est engagée.
Ce résultat est bénéficiaire, dans les conditions actuelles, avec tout ce que nous dénonçons par ailleurs, qui obèrent fortement les potentialités existantes et/ou qui pourraient expliquer des marges déficitaires…
Alors, imaginons un seul instant que la stratégie commerciale mise en œuvre soit au niveau de la situation, des exigences, de ce que nous proposons. « De l’huile dans le moteur et de l’essence dans le carburateur » avons-nous dit ce jour là.
Et pour notre part, la fonction que nous incarnons pourrait contribuer, à sa place et pour ce qui lui revient, à recréer un nouvel avenir à notre journal.
Les maigres propositions faites dans cette réunion sont, par contre, en total déphasage avec les ambitions affichées et seraient totalement contre productives. Elles s’inscrivent dans la forme et sur le fond dans le prolongement d’une démarche qui nous a amené dans la situation actuelle. Auquel est rajouté maintenant une politique d’attaque, de remise en cause, de non respect, de stigmatisation du droit syndical, du droit de se défendre et de proposer collectivement, du droit du travail et du droit au travail.
Nous avons demandé fermement la suspension de toutes les procédures de licenciement avec un sursis de trois mois et un réexamen de la situation au bout de cette nouvelle période.
Nous serons vigilants et nous appelons tous les collaborateurs du journal à être très vigilants, à ne pas se diviser, à ne pas se tromper de combat, à ne pas chercher des boucs émissaires qui sont souvent, dans ce type de situation, toujours les mêmes. Ceux qui sont au bout de la chaîne. Et le tour de chacun finit toujours par arriver…
Dans le journal l’Humanité, à partir des valeurs, des savoirs et des expériences qui sont partagées, l’espoir peut être grand que chacun soit à même de se mobiliser, de permettre la mobilisation et la ‘catalysation’ de toutes les intelligences, de toutes les compétences individuelles et collectives, dans le respect du rôle et des attributions de chacun.
Les actes proposés, voire déjà mis en œuvre, sont bien plus violents que le projet affiché. Nous sommes disponibles, plus que jamais, pour travailler à un projet ambitieux, novateur associant tous les acteurs. Nous ne croyons pas à d’autres voies et donc nous ne les accompagnerons pas. Nous les combattrons fermement, avec lucidité. L’avenir est plus que jamais dans les mains (et la tête) de ce qui sont les destinataires du présent écrit. A eux de prendre leur place dans le rapport de force qu’il est nécessaire de faire progresser. Nous sommes à votre écoute. Dans le cadre d’une démarche démocratique, ouverte et rassembleuse.
Vive le journal l’Humanité.
« Le moyen fait partie de la vérité, aussi bien que le résultat. » Karl Marx (voir notre écrit syndical du 19 juin 2008) et si vous voulez en savoir plus sur nos propositions et/ou la réalité de notre vécu, allez faire un tour sur le blog que notre syndicat essaie de faire vivre.
Syndicat CGT Humanité/SPDP, le 7 juillet 2008