030306

Publié le par laur

Intervention du Syndicat CGT SPDP lors de l’Assemblée Générale du 3 mars 2006
(prononcé par le Délégué Syndical Jacques Laur)
 
 
 
Monsieur le Directeur,
 
Nous vous remercions d’avoir pris le temps, comme l’année dernière, à Tribaldou, de rencontrer la force de vente de notre journal.
 
Pour notre collectif syndical, la réponse est claire : Nous nous félicitons du projet qui sera concrétisé dans 6 jours tel qu’il est porté par la Direction du journal.
 
Dés le mois de juillet, nous avons affirmé avec force, notre souhait que ce projet aboutisse. Nous avons tout mis en œuvre, à notre niveau, pour qu’il réussisse et pour ce faire nous avons exprimé en permanence notre souhait d’être étroitement associé à toutes les étapes de sa construction et nous avons réaffirmé, de multiples fois à votre équipe de direction, notre disponibilité pour y participer, y prendre toute notre place, que notre place, à notre place.
 
Nous sommes parfaitement conscient que la survie et au delà le développement de notre journal est un combat quotidien du plus haut niveau et qu’il nécessite l’engagement de toutes les forces internes et externes qui contribuent à son rayonnement.
 
Notre cœur du métier est la production écrite du journal, sa ligne éditoriale, la capacité de tous les métiers à l’améliorer quotidiennement.
 
Les fonctions support, logistique, administrative, financière… sont indispensables.
 
La fonction direction l’est aussi avec la particularité de notre journal et sa place originale qui s’inscrit résolument dans ces valeurs fondamentales qui de Jaures en passant pas le Conseil National de la Résistance ont toujours servi les valeurs de paix et toutes les démarches émancipatrices.
 
La fonction développement l’est autant car elle contribue d’une manière tout aussi déterminante à la pérennité et à la réussite de ce projet.
 
Elle s’appuie sur les forces militantes du parti communiste. C’est une particularité et une originalité essentielle. Nous devons en repousser les limites, en gagner de nouvelles.
 
Elle s’appuie sur une cellule téléphonique.
 
Elle s’appuie sur un service relation lecteurs, suivi lecteurs et fidélisation.
 
Elle s’appuie enfin sur un collectif d’abonneurs qui rayonne sur tout le territoire.
 
En 2005, le réseau des abonneurs sur le terrain a produit 8 000 abonnements, 8000 lecteurs nouveaux. Pour ce faire, il peut être estimé que ce réseau a rendu 80 000 visites et a argumenté auprès de 40 000 foyers. C’est énorme, considérable et ; à cela, se rajoute la présence sur les fêtes de section, de FD, des participations à de nombreuses initiatives publiques qui se multiplient et de nombreuses réunions internes du parti communiste qui elles aussi se multiplient.
 
Ce qui est au cœur de la présente assemblée générale, dans le puzzle complexe qui constitue notre humanité, est la place, le rôle et les ambitions de cette catégorie de personnel qui comme toutes les autres catégories de personnels a ses particularités, ses spécificités, ses faiblesses et ses forces, ses zones d’ombres et ses zones de lumières.
 
Chacun ne voit pas de la même façon suivant la posture qu’il adopte, son angle de vision, la qualité de sa vue….
 
Il faut appréhender cette réalité dans sa diversité et sa complexité.
 
Complexité :
 
  • Des jours, ils sont considérés comme des purs VRP avec un statut, une convention collective qui est en contradiction totale avec les valeurs du journal et le cœur de sa ligne éditoriale.
 
  • D’autres jours, il sont considérés comme des ambassadeurs du journal, sa vitrine
 
L’externalisation, le mode de sous-traitance pour lequel il a été opté est à bout de souffle et les contradictions que celà génère en permanence ont tendance à s’exacerber et desservent le but qui était initialement poursuivi.
 
Serge Wolikow, dans l’entretien qu’il donnait à Lucien Degoy sur le rapport Khrouchtchev, l’histoire d’une occasion manquée -c’est son titre- dit : (Huma de jeudi dernier)
 
« On ne peut pas faire une politique d’émancipation de l’homme et de l’humanité par n’importe quels moyens. La question des moyens et des fins, vieille question du mouvement ouvrier, reste une question d’actualité. »
 
Il faut être pragmatique, les réalités économiques s’imposent à nous comme à toute entreprise qui se meut dans un système libéral -ultra libéral- qui ne fait aucun cadeau, où les tensions sont exacerbées. Elles sont sûrement identiques. Méfions-nous d’apporter des réponses qui au nom de servir la bonne cause et de sauver l’essentiel, sont les réponses qui sont en permanences mises en œuvre dans ce système que nous combattons.
 
Mais au delà, nous avons, ici, chacun dans nos fonctions spécifiques, la même analyse, à savoir que d’une manière durable les mauvaises solutions apportées à de vrais questions se retournent toujours contre le but poursuivi.
 
Abandonner le terrain à ceux qui l’étouffent de leur suffisance, de leur pouvoir.
 
Se résigner.
 
Où bien trouver un moyen, un levier ? A regarder le paysage, les évolutions depuis la création de la SPDP, les démarches mises en œuvre quotidiennement dans notre service pendant cette dernière année, nous ne voyons pas d’autre moyens que de vous interpeller, Monsieur le Directeur, pour essayer de faire la clarté, de militer au changement nécessaire, à des orientations différentes à mettre en œuvre.
 
C’est le pari que nous voulons faire, pas contre le journal, mais pour le journal et les valeurs d’avenir qu’il promotionne tous les jours.
 
Ensemble relevons le défi de la démocratie, de l’écoute, du respect, du « travailler ensemble », du dépassement des contradictions qui semblent s’exacerber… 
 
Est-ce le bon moment diront certains. Y a-t-il un bon moment, des bons moments ? Toujours est-il que ce n’est pas faute d’avoir interpeller, de multiples fois et de multiples manières, nos différents interlocuteurs en poste de responsabilité, dont c’est le travail dont c’est la mission.
 
 Nous considérons que, pour reprendre une formule qui nous est connu et que ne nous ferons pas notre, il faut arrêter d’aller droit au mur.
 
Ce manque de concertations, de consultations, d’espaces de rencontres construits, responsables, respectueux, innovateurs, n’est pas acceptable et est suicidaire.
 
Ce manque de démarche purement ou spécifiquement commerciale, ambitieuse, claire, plus professionnelle… n’est pas tenable, met en danger le journal, obère ses potentialités...
 
Surtout que ce n’est sûrement pas la fonction où, naturellement, nous sommes les meilleurs. Où idéologiquement nous sommes les mieux formé, les plus à notre aise ?
 
C’est aussi un métier, comme la Rédaction, comme la Gestion des Ressources Humaines, comme la gestion financière ou administrative… Méfions-nous des apprentis sorciers ou des Gourous.
 
Ces difficultés à mettre en œuvre le statut actuel qui nous imposé, qui est incompatible avec nos valeurs, -le mélange de l’eau et de l’huile- Ces difficultés à le décliner jusqu’au bulletin de paye avec le respect du minimum de règles sociales, de représentation et de droit syndical ne doit pas, ne peut pas perdurer.
 
La non prise en compte depuis 5 ans, au minimum, de l’inflation en ce qui concerne l’évolution des rémunérations n’est pas tenable et peut expliquer les difficultés rencontrées pour étoffer, consolider, fidéliser … ce que certains appellent le corps des producteurs.
 
Pas un centime d’€uros, pas un centime de francs depuis la création de la SPDP.
 
Il est quand même bon de rappeler ici -nous n’avons pas d’éléments de comparaisons avec les autres années- que le salaire médian pour l’année 2005 se situe à 1400 €uros net (9 000 francs). Si l’on exclue les plus gros producteurs on tombe sur un salaire moyen net de 1050 €uros. Que doit-on en penser ? Sachant qu’il semblerait que la démarche mise en œuvre viserait, consisterait encore à faire pression sur cette masse salariale.
 
Les besoins d’un emploi ne peuvent se faire au détriment des conditions de travail, de santé…
 
Une politique de recrutement ou de gestion du personnel qui ne reposerai que sur l’exploitation de cette situation est vouée à l’échec et ne peut produire qu’un travail de mauvaise qualité.
 
Des réponses qui s’inscriraient, qui reproduiraient celles qui se pratiquent, qui se généralisent actuellement dans les relations sociales ne sont pas correctes. –le gouvernement Villepin et le Médef nous en concoctent une par jour-
 
Il est inconcevable d’entendre chez nous des phrases qui s’inscrivent dans l’esprit «  Si vous n’êtes pas contents, vous pouvez toujours aller voir ailleurs… »
 
Ces difficultés se nourrissent aussi du manque de prise en considération, de la sous-estimation des réalités de l’exercice de ce métier qui amènent, certes d’une manière diverse, les abonneurs à « être partis de chez eux » en permanence, d’être toujours en déplacement avec des conséquences considérables sur leur vie sociale, familiale et cela avec des coût qui explosent et des conditions qui se dégradent.
 
Enfin, les conditions de couverture sociale, l’harmonisation de la prise en compte de jours fériés, le défraiment des réunions de travail, une meilleure prise en compte des frais engendrés pas nos activités, l’accès à un minimum de ce que certains appellent des avantages sociaux (13ème mois, œuvre sociale du CE…) devraient tendre à être égal entre tous les salariés qui contribuent à l’existence quotidienne de notre journal l’Humanité.
 
A s’harmoniser par le Haut.
 
Dans la même entreprise, il vaut mieux qu’à l’huma, nous déclinions rapidement et harmonieusement le concept « A travail égal : salaire égal et statut égal. »
 
Nous devons exagérer. D’aucun ne manquera pas de le dire ou d’essayer de le prouver.
 
Toujours est-il que si cette expression organisée, réfléchie, structurée… à lieu, elle doit bien exprimer un malaise une « malvie » qu’il faudra résoudre, dans l’intérêt du journal et de l’ensemble des acteurs qui contribuent à son rayonnement.
 
Tout ne se réglera pas aujourd’hui. C’est la réponse politique, générale, redonnant du sens à nos actes quotidiens qui compte.
 
L’interpellation dont, en tant que Directeur, vous êtes l’objet, vous invite et invite l’ensemble de votre collectif de Direction à mesure l’ampleur du problème et la nécessité de la mise en œuvre et l’ouverture d’un réel processus responsable d’échanges et de discussions.
 
D’autres, avant nous, ont écrit des pages glorieuses des, bientôt, 102 ans de vie de notre journal -tout aussi glorieux-. Parfois ils se sont aussi trompés en croyant bien faire…
 
L’histoire, cette histoire n’appartient à personne en particulier. Elle est notre patrimoine collectif, mais les femmes et les hommes de bonne volonté se doivent toujours de s’en nourrir pour continuer cette extraordinaire aventure commencée officiellement le 18 avril 1904.
 
L’activité de chacun d’entre nous ici se veut la décliner dans notre société d’aujourd’hui avec ses contradictions. Les réponses d’hier ne sont surement pas les réponses de demain. A chaque époque ses défis. Pas les uns contre les autres mais bien les uns avec les autres.
 
Une nouvelle page, que nous souhaitons glorieuse, de notre journal est en train de s’écrire.
 
Nous nous félicitons, nous vous félicitons d’avoir eu l’audace de l’initier, de contribuer à son écriture.
 
Ensemble, nous vous réaffirmons notre volonté de tout mettre en œuvre pour que ce défi soit relevé et bien relever. Nous voulons, avec vous et l’ensemble du personnel, gagner dans la situation sociale, économique et politique actuelle.
 
Un journal s’écrit à plusieurs mains.
 
Chacun reconnaissant l’apport des autres composantes de ce qui fait une organisation. Chaque fois qu’une organisation s’appuie sur toutes ses forces, même si ces dernières peuvent apparaître contradictoires, elle gagne.
 
Vous êtes le chef d’orchestre, nous sommes une partie du chœur. Si nous voulons que la partition soit bien jouée attention aux fausses notes, à la fausse note et travaillons, surveillons, entretenons… la voix de chacun.
 
La richesse que nous apportons est, il ne faut pas l’oublier, 80 000 sonnettes tirées par an, 40 000 paillassons qui voient s’imprimer nos pas, 8 000 foyers supplémentaires qui ne demandent qu’à devenir 10 000, 12 000 foyers supplémentaires dans lesquels rentre un jour l’Huma, le journal communiste, le journal fondé par Jean-Jaurès.
 
Des fois cela ne dure qu’un mois, d’autres fois cela dure toute une vie et, dans tous les cas, cela devient un repère intergénérationnel qu’il ne faut pas banaliser, jamais sous-estimer. Il a un coût.
 
Comment les gestionnaires, les économistes calculent-ils cela ?
 
Comment en trouvent-ils le juste prix.
 
Comment essayent-ils en permanence de le réduire avant de le détruire ??????
 
Toujours est-il que tous nos adversaires aimeraient bien nous voir utiliser leur méthode et nous voir disparaître.
 
Nous avons une particularité, une richesse… qui est le militantisme qui n’appartient à personne et un professionnalisme qui se travaille au quotidien avec mais pas contre.
 
Cette complémentarité est une clef de notre succès.
 
La présente contribution collective se veut compléter, être au service de ce qui, par ailleurs, est construit tous les jours, ici et ailleurs.
 
Alors chiche, changeons de braquet.
 
Mêtons du respect, de L’Humanité, au centre de notre présente réunion. Au centre de la prochaine année.
 

Publié dans spdphumanite

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article