107 ans : Bon anniversaire (25 04 2011)

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« 107 ans : Bon anniversaire »

 

Lundi 18 avril 2011 : Notre journal l’humanité fête ses 107 ans : Quel bel anniversaire pour le journal de Jaurès auquel les abonneurs ont su, dans l’action, montrer leur attachement.

 

Le journal l’Humanité, c’est une équipe de journalistes, c’est une équipe de salariés du livre, c’est une équipe de salariés administratifs, c’est……………… et c’est aussi une équipe de 20 « abonneurs » SPDP en activité qui sillonnent toute la France

 

20 « abonneurs » SPDP en activité : 7 000 abonnements collectés par an, un socle d’abonnés de 35 000, un tirage supérieur à 60 000 exemplaires, un titre en difficulté financière…….

 

Cherchez l’erreur.

 

Un journal qui comme toute la presse quotidienne souffre…………….surtout de son manque de lecteurs, d’aide de l’état pour garantir le pluralisme essentiel à l’existence d’un état démocratique, de recettes publicitaires…….

 

  • Et si, par exemple, 30 abonneurs étaient sur le terrain,

 

  • Et s’il était mise en œuvre une véritable gestion des ressources humaines ambitieuse s’appuyant et valorisant les potentiels,

 

  • Et s’il était mis en œuvre une véritable politique commerciale tout aussi ambitieuse, non à la Mac Donald, mais se rapprochant, épousant les valeurs défendues par le titre, innovante, novatrice, créatrice, positive…….. et non coercitive…… et à la hauteur des ambitions affichées et des échéances à venir……

 

Le jour des 107 ans : 16 abonneurs unis, solidaires, déterminés, parfaitement conscients des enjeux, très responsables……. décident de passer à l’action.

 

Le jour des 107 ans : 12 puis 14 abonneurs sont présents, participent activement aux quatre assemblées générales ouvertes, vives, démocratiques……qui ont rythmées deux journées au cours desquelles deux séances de négociation, longues, difficiles…….mais constructives et aussi respectueuses se sont tenues avec la direction, ils échangent, ils décident, ils votent, ils argumentent, ils proposent ils défendent leur journal comme il le font tous les jours sur le terrain et ils………….apprennent à se connaitre, à s’apprécier…..et certains découvrent même le siège

 

Pourquoi sont-ils là ? Quel est la situation ? Quels sont les enjeux :

 

  • Accroissement de la précarisation de leur rémunération pour soit disant faire durer les abonnements dont chacun est à même de mesurer que de nombreux facteurs exogènes les fragilisent. Cette dégradation de la durée des abonnements, si elle existe (nous attendons de connaitre les évolutions chiffrées), est-elle imputable à leurs actes de travail qui méritent à contrario d’être mieux pris en compte et mieux rémunérés car chaque jour plus difficile ?

 

  • Accroissement de la précarisation sans véritable négociation avec les représentants du personnel qui ont été écarté de tout le processus d’élaboration et avec une consultation de façade des intéressés pour se donner bonne conscience.

 

  • Mise en place d’un arsenal de coercition, de stigmatisation qui n’a rien à voir avec une modification d’un contrat de travail telle qu’elle est proposée….

 

  • Et le tout avec un diktat individualisé inacceptable : « Où vous acceptez dans un délai d’un mois ou vous êtes licenciés. »

 

Une méthode digne de…………….. : Lettre recommandée avec AR, non respect de la méthode arrêtée avec les représentants du personnel, pression individuelle, directe, manipulatrice, parfois insidieuse, menaçante…… sur les collaborateurs. Manipulation et instrumentalisation de l’éventualité qu’un certain nombre refuse, réagisse…………… et que l’on licenciera.

 

C’est du propre et comment un journaliste de notre beau journal pourrait qualifier cela ? Comment qualifierait-il une organisation qui pense une telle stratégie, qui élabore un tel procédé, qui arrête ce type de décision, qui produit ce type de démarche, qui arrive à ces extrémités……… Comment qualifierait-il les individus qui les théorisent ? Qui les promeuvent ? Qui les défendent ? Qui les mettent en œuvre ?

 

Inacceptable tant sur le fond et sur la forme et donc rejetés par les intéressé et donc ………un projet retiré totalement, INTEGRALEMENT et DEFINITIVEMENT.

 

Deux journées de production perdues : 20 000 €uros de perdus, de la confiance et du respect perdus pour notre beau journal, du trouble mis dans les têtes quand aux valeurs affichées mais…… combien de solidarité gagnée et d’un réel et indiscutable attachement à ce journal renforcé et démontré par les actes courageux de résistances fournis.

 

Et dans la foulée, une direction qui prend mieux en compte la réalité, les réalités et qui dans un premier temps décide sur le champ :

 

  • De réactualiser le montant du remboursement des frais engagés pour produire : 15 €uros le repas au lieu de 11 €uros et 40 €uros la nuit d’hôtel avec petit déjeuner (On attend qu’ils nous en trouvent à ce prix là ou alors il vaudra mieux passer ce remboursement à 50 €uros)

 

  • De prendre en compte deux repas par jour au lieu d’un (Les abonneurs mangent deux fois par jour !)

 

  • De mettre en place, courant mai, un groupe de travail de 8 abonneurs et des deux délégués pour faire des propositions visant à augmenter le nombre et la qualité des abonnements produits.

 

  • De mieux reconnaitre et de mieux respecter les élus du personnel en leur donnant tous les moyens normaux, légaux et tenant compte de la spécificité de notre éclatement sur tout le territoire afin qu’ils puissent assumer leur mission et leur mandat et d’arrêter de les stigmatiser.

 

  • De mettre en place très rapidement la subrogation avec la suppression des trois jours de carence.

 

  • De considérer les deux jours de négociations comme des jours de travail ce qui d’ailleurs a été le cas.

 

  • De maintenir la réunion des délégués du personnel du jeudi qui suit, le 21 avril, pour examiner plus concrètement les conséquences de cette situation conflictuelle et mieux prendre en compte les conséquences qui en découlent car certains collaborateurs ne veulent plus poursuivre dans les mêmes conditions, voir pour certains cesser totalement leur collaboration, tellement il ont perçus de la dichotomie entre les valeurs défendues et promotionnées par le produit qu’ils vendent (le journal de Jaurès) et ce qu’ils ont subi, vu ces derniers temps, perçu des attitudes des uns et des autres.

 

Au cours de leur dernière Assemblée Générale les 14 présents ont décidé de rester très vigilants quant aux suites de ce dossier, à l’évolution et à l’attitude des uns et des autres. En un mot, prêt à décider, à mettre en œuvre et à participer à une ou plusieurs journées de travail au 134 rue Ambroise Croizat si le message donné pendant deux jours avait besoin d’un rappel, n’avait pas été très bien compris.

 

Et bon 107 ans, bon anniversaire et longue vie à notre journal l’Humanité……

 

Le Syndicat CGT

Le 20 avril 2011

 

La réunion DP qui a suivi dont on ne peut pas dire qu’elle a été une réunion de DP normale a permis de revenir sur la nouvelle situation créée.

 

Le message semble bien avoir été entendu par la direction mais il faut mesurer dans le même temps que bien du chemin reste à parcourir pour abandonner les anciens réflexes et mettre en œuvre une nouvelle démarche respectueuse des hommes et des femmes qui s’activent tous les jours sur le terrain, qui sont les ambassadeurs permanents, qui pérennisent et élargissent le lectorat et récoltent « le nerf de la guerre »

 

Vos délégués ont du à nouveau insister pour dire qu’il fallait tourner résolument et définitivement les pages du passé sur les trois questions fondamentales qui sont la politique des relations sociales, la politique de gestion des ressources humaines et la politique commerciale. LES ABONNEURS de l’Huma ne sont pas les responsables de la crise d’une manière générale, de la crise de la presse quotidienne et du journal l’Humanité en particulier et ce n’est pas en les pressurant encore plus que toutes ces crises vont se résoudre. Bien au contraire, peut-être ?

 

  • La politique des relations sociales :

 

La direction semble se faire tirer l’oreille pour négocier un protocole d’accord qui protègerait financièrement les élus qui « en sont toujours et en permanence de leur poche » tant sur les frais avancés que sur les pertes de rémunération qu’ils supportent indument. L’arbitraire et les mesures unilatérales et coercitives n’ont jamais été un bon prélude à la vie et à la promotion d’un dialogue social digne de ce nom. Ce genre de réflexe de type dit « patronal » ne devrait plus avoir cours en 2011 et encore moins ici. Faudra-t-il que les abonneurs décident d’autres journées de travail pour régler le passé et écrire un avenir différent ?

Le respect de la loi mais bien au-delà, li doit être tenu compte de nos spécificités : Du temps et des moyens complémentaires doivent être octroyés aux élus pour éviter le type de situation que nous venons de vivre qui sont couteuses humainement et financièrement.

 

  • La politique de gestion des ressources humaines :

 

  1. 1.      Tout d’abord il est urgent d’embaucher mais sur quel projet. Dans quelles conditions ? Avec quelle formation ?

 

  1. 2.      Ensuite il faut modifier totalement le mode de relation interne à partir de la spécificité de notre isolement et de notre éloignement du siège : Interlocuteur dédié, reconnu, ayant les moyens et la volonté de faire et dont la mission sera d’être l’interface avec le siège sur toutes les questions sociales. A chaque question doit correspondre une réponse argumentée, compréhensible et comprise avec un vrai dialogue franc et loyal.

 

  1. 3.      Enfin, arrêter radicalement toute forme de management d’un autre temps qui ne respecte pas mais au-delà ne prenne pas en compte la diversité des vécus et des pratiques ainsi que la réalité de notre attachement au journal. Les abonneurs sont des cadres qui du matin au soir sont en situation de responsabilité permanente, ils doivent travailler en confiance. Ils ne doivent plus être infantilisés, ni faire l’objet de tentatives de manipulation, d’instrumentalisation

 

  • La politique commerciale :

 

Quelles étaient les précédentes ? Quelle est la future ? Les responsables changent et quand les choses changent, changent-elles dans le bons sens ? Et pour mettre en œuvre une nouvelle politique radicalement différente faut-il ou faudra-t-il changer les hommes, des hommes, le système, les deux ? Toujours est-il que sur cette question là, une nouvelle page doit s’ouvrir s’appuyant sur l’intelligence individuelle et collective. Ce qui existait dans la dernière période, les paris faits de la division, de la stigmatisation, de la coercition, de la manipulation, de l’alimentation, de l’instrumentalisation de la rumeur……, a été rejeté définitivement et radicalement. Les méthodes de management à la « Killer » aussi.

Faire plus et mieux avec moins de moyen et en regardant toujours du même coté, c’est fini et c’est contre productif. Quelles que soient les réalités économiques, les contraintes financières, d’autres solutions doivent être trouvées, d’autres pistes doivent être investiguées. D’une nature radicalement différente. Peut-être faut-il inventer ?

Et entre autre, aujourd’hui, il n’est pas à exclure que la pérennité du journal l’Humanité doive passer par une augmentation du coût de ce poste qui consiste à augmenter son nombre d’abonnés. Vient toujours un moment dans une entreprise ou la recherche effrénée de nouvelles économies n’est plus possible et est dangereuse. Est-ce que ce seuil n’a pas été atteint, voir dépassé en ce qui concerne les ABONNEURS ? Qui, comment et quand est-il répondu à cette question d’une manière constructive ? Augmentation des moyens certes, surement et modifications des méthodes surement et radicalement aussi et dans le même temps.

Toujours est-il que l’on ne peut pas continuer comme par le passé ou comme cela était actuellement, ces derniers mois.

 

Pour leur part, les abonneurs viennent d’y apporter une réponse claire. TROP c’est TROP. Ils ont pris leur responsabilité et ils sont prêts à les reprendre.

 

La direction demande à prendre du temps et confirme le plan de travail tel que prévu sachant que nous demandons que les moyens nécessaires soient dégager pour atteindre le but fixé et notamment deux journées effectives de vrai travail pour la réunion de mi mai.

Dans le cadre de l’après conflit et comme l’avait décidé la dernière AG, dans le cadre de la gestion de ses conséquences directes et indirectes, nous avons demandé qu’il soit offert la possibilité de partir à ceux qui le souhaitent, à ceux qui en feront la demande, avec l’équivalent de 9 mois de salaire. La direction donnera sa réponse la semaine prochaine ainsi que sur les formes d’encadrement telles qu’elles existent à ce jour, qui ne sont plus acceptable, supportables et acceptés.

 

Une réunion intense (difficile ?) qui laisse un peu dubitatif. Est-ce que le niveau de notre mobilisation a bien été pris en compte ?

 

Donc une affaire à suivre, de très prêt, tel est le ressenti de vos élus qui vous appellent à la vigilance.

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